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JOURNAL DE BORD

Chaque jour, un membre de SOS MEDITERRANEE vous donne sa vision des opérations de sauvetage en mer et des événements. Retrouvez ces chroniques en son, images et vidéos.

le 29/06/2016

16ème Sauvetage

 

578 migrants recueillis à bord de l’Aquarius – 16ème sauvetage - Des familles entières fuient le Nigeria - Un nombre impressionnant de mineurs non accompagnés

Avec l’été et une mer plate, chaque journée est une journée de sauvetages multiples sur une mer surchargée d’embarcations en détresse. Ce mardi matin, dès 8H29, le centre maritime de Rome appelle l’Aquarius pour lui donner une nouvelle mission. À peine un quart d’heure plus tard, les veilleurs signalent un caoutchouc gris, fragile, grossièrement renforcé avec des planches, qui croule visiblement sous le poids de ses passagers. À bord, 111 migrants, 86 hommes et 25 femmes dont 8 mineurs. Tous sont regroupés au centre du canot qui menace de plier. Moins de deux heures plus tard, tout le monde est sain et sauf à bord du navire de SOS MEDITERANEE. Les rescapés, assommés de fatigue, épuisés, n’arrivent plus à parler et s’endorment à même le pont. Hommes, femmes et enfants sont immédiatement pris en charge par l’équipe médicale de MSF. Sauvetage réussi.

Mais désormais, un sauvetage unique n’est plus le quotidien face aux côtes libyennes. Un nouvel appel nous demande d’aller à la rencontre d’un navire militaire italien qui a secouru 81 personnes. Les navettes commencent. Une heure plus tard, le transbordement est achevé.

Nouvel appel du MRCC de Rome. Cette fois c’est un bateau des garde-côtes italiens qui a besoin de l’Aquarius. On file. Pour recueillir 118 personnes, dont 33 femmes, et un jeune enfant. Le gamin souffre d’une infection, deux femmes ont la varicelle et un homme a une fracture du tibia. La clinique se remplit.

L’heure du retour ? Pas encore. Quatrième appel de Rome. Un bateau de guerre italien, pas très loin, avec 268 migrants, dont au moins 60 femmes. L’embarquement est difficile, les militaires semblent débordés, les hommes prennent peur, se dressent dans les canots. Pour éviter le drame, il faut vite les rassurer. Notre SAR (Search and Rescue, équipe de secours) intervient. Et tout le monde embarque en sécurité.

 

Le pont de l’Aquarius, l’abri couvert, la clinique, les coursives, tout est maintenant occupé par 578 migrants, dont 150 femmes (7 enceintes) et un nombre impressionnant de 79 mineurs dont la plupart sont des adolescents non accompagnés. Les membres d’un des groupes, particulièrement épuisés, ont passé… trois nuits en mer !

La plupart sont des anglophones qui viennent essentiellement du Nigeria. Selon leurs témoignages, ils ont fui - par familles entières - les exactions de la secte intégriste de Boko Haram. L’un des réfugiés a témoigné de la violence des combats en montrant son corps couvert de petites cicatrices, dues selon lui, à l’explosion d’une bombe posée par Boko Haram.

Chargé de 578 passagers sains et saufs, l’Aquarius vogue désormais vers le port de Trapani, pour confier les migrants aux autorités qui les dirigeront vers un centre d’accueil en Sicile. Mais, là-bas, sur les côtes libyennes, les départs continuent.

Au total en 4 mois de campagne en mer, 3 475 personnes ont été assistées par les équipes à bord de l’Aquarius, dont 1879 hommes, femmes et enfants secourus d'une embarcation en détresse et 1596 accueillis à bord après un transbordement.

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