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JOURNAL DE BORD

Chaque jour, un membre de SOS MEDITERRANEE vous donne sa vision des opérations de sauvetage en mer et des événements. Retrouvez ces chroniques en son, images et vidéos.

le 20/06/2016

SOS MEDITERRANEE a un an !

C’était il y a un an à peine : la naissance.

Tout a commencé par la rencontre de deux personnes, deux citoyens européens, un Allemand, Klaus Vogel et une Française, Sophie Beau, qui ont ressenti le même effroi lorsqu’ils ont appris que Mare Nostrum, l’opération italienne de secours en mer Méditerranée allait prendre fin. Deux simples citoyens qui ont décidé de refuser l’inacceptable.

Tout a commencé par une idée simple et folle : en Méditerranée, des gens se noient, il faut les sauver et si l’Europe ne fait plus rien, faisons-le nous-mêmes. Pour sauver les naufragés, il faut un bateau, trouvons les fonds en faisant appel aux gens comme nous, civils, citoyens, européens pour le financer.

C’était il y a moins d’un an à peine : la mobilisation.

D’abord, mobiliser les amis, les connaissances, les réseaux professionnels, expliquer, convaincre, obtenir l’adhésion de ceux qui, eux aussi, refusent l’inacceptable. Le mouvement se propage très vite. On lance un appel de fonds (Ulule) qui recueille 275 000 euros en quelques semaines.

La preuve est faite, les donateurs privés sont là, ils envoient des chèques modestes, mais ils sont de plus en plus nombreux. Eux aussi refusent l’inacceptable. Les dons rendent le projet « fou » tout à fait réaliste. Les ruisseaux deviennent des rivières, les rivières des fleuves qui rejoignent la mer. À la fin de l’année 2015, SOS MEDITERRANEE est en capacité de lancer une opération de trois mois en mer.

C’était il y a cinq mois : le départ en campagne.

L’association franco-allemande, bientôt rejointe par une branche italienne, a trouvé un bateau, l’Aquarius, 77 mètres de long, 1800 tonnes, 5 ponts couverts, un ancien garde-côte de la mer du Nord aussitôt reconverti en navire humanitaire. À bord, une trentaine de personnes, onze marins professionnels, une clinique et une équipe médicale et des bénévoles pour assurer le sauvetage. L’Aquarius a quitté son port allemand, a fait escale à Marseille avant de rejoindre Lampedusa au départ de sa première campagne. Nous sommes le 25 février 2016.

Aujourd’hui : la mobilisation et le sauvetage continuent.

L’Aquarius patrouille toujours en ce moment même face aux côtes libyennes. Il opère avec le plein accord et en coordination avec le Centre maritime de Rome. Notre navire a déjà recueilli plus de deux milles réfugiés à son bord avant de les conduire sains et saufs jusqu’à un centre d’accueil italien en Sicile, en Calabre ou même en Sardaigne. Un enfant est même né dans la clinique du bateau.

Les opérations de sauvetage ont démontré la nécessité de notre présence et le besoin urgent de secours des embarcations en détresse des migrants qui quittent les côtes libyennes sur des pneumatiques fragiles et très vulnérables qui n’ont pratiquement aucune chance de traverser la Méditerranée par leurs propres moyens. Sans sauvetage, les migrants, hommes, femmes et enfants, sont condamnés à se noyer.

Nos équipes à bord ont assisté à leur détresse, à leur douleur, leurs blessures et parfois leur mort. Elles ont aussi vécu leur joie d’avoir échappé à l’enfer et vu leur renaissance après une seule nuit de repos, des soins, de la nourriture et un accueil fraternel.

Pour l’heure, l’Aquarius fait partie des rares bateaux civils en mer qui se consacrent au sauvetage des migrants en Méditerranée (avec le Dignity I, le Bourbon de MsF et les bénévoles de Sea Watch).

Comme l’a dit un des membres fondateurs de SOS MEDITERRANEE, L’Aquarius – comme tous les autres bateaux de sauvetage - représente « une lueur d’espoir dans une mer de tristesse et d’épouvante ».

Merci à vous qui nous permettez de mener à bien cet engagement !

 

L’équipe de SOS MEDITERRANEE

Crédits Photos : Giorgos Moutafis

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