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JOURNAL DE BORD

Chaque jour, un membre de SOS MEDITERRANEE vous donne sa vision des opérations de sauvetage en mer et des événements. Retrouvez ces chroniques en son, images et vidéos.

le 14/08/2017

On ressent des liens très forts entre chaque membre de l’équipe et je me suis senti intégré au sein d’une famille

Infirmier de profession, passionné de voile, et nouveau sauveteur à bord de l'Aquarius, Ludo raconte à Lea Main-Klingst pourquoi il s'est engagé pour SOS MEDITERRANEE et l'ambiance bienveillante qui règne à bord.

 

Ludo est l'un des nouveaux membres embarqués à bord de l'Aquarius. Il me fait part des difficultés qu’il a rencontrées pour « intégrer SOS MEDITERRANEE, votre équipe qui maintenant est mon équipe. Je comprends mieux maintenant, car à bord chacun est marin professionnel avec une grande expérience en matière de recherche et de sauvetage en mer. Ici, chacun est expert. Tout est axé sur la sécurité, nous participons à de nombreux exercices et préparations théoriques. Je me trouve parmi des marins, hommes et femmes, qui sont parmi les seuls au monde à faire face à des naufrages de cette ampleur. »

           

Avant de rejoindre l’Aquarius, Ludo a été infirmier pendant dix ans. Passionné par la mer et les bateaux, il passe son temps libre à naviguer à la voile et détient un monitorat de voile. Ces dernières années, il a passé la moitié de son temps à naviguer sur des voiliers et l’autre à travailler comme infirmier. A la fin de l’hiver 2015, Ludo et un ami très proche ont convoyé un voilier à partir des Antilles avec, comme destination finale, la Bretagne, mais la météo était trop mauvaise. A la suite d’avaries, ils ont dérivé au milieu de l’Atlantique et ont finalement pu rallier les Açores. A l’issue de cette expérience, Ludo s’est dit : « soit j’apprends le métier, soit je ne remets plus jamais les pieds à bord d’un bateau ». A 32 ans, Ludo a été admis à l’Ecole Nationale Supérieure Maritime du Havre, où il vit à bord de son voilier et étudie pour devenir officier de la marine marchande.

 

Lorsque je l’interroge sur l’intérêt qu’il a porté au travail de SOS MEDITERRANEE, il se souvient d’un bateau en bois qui avait rejoint les côtes italiennes lorsqu’il travaillait en Calabre en 2009. C’est là qu’il prit connaissance de la réalité de ces traversées en Méditerranée. « J’ai toujours été intéressé par le sauvetage en mer, j’ai été bénévole à la Société Nationale de Sauvetage en Mer. J’ai rejoint SOS MEDITERRANEE car, comme beaucoup, j’ai été choqué par toutes les images que l’on peut voir, les témoignages, les vidéos. Ça n’est pas possible. Cela ne doit pas arriver. J’ai juste eu le sentiment qu’il fallait que je fasse quelque chose, à mon niveau, à mon échelle, que je fasse ce que je sais faire : j’ai été infirmier, je suis marin. »

 

Ludo et moi sommes les seuls membres de la SAR-team à embarquer pour la première fois : « on ressent des liens très forts entre chaque membre de l’équipe et je me suis senti intégré au sein d’une famille. Tu peux exprimer tes craintes, exprimer ce que tu ne comprends pas, poser des questions à tout moment. » C’est un travail difficile et chacun prend cela très au sérieux, « mais on a du temps pour se reposer, pour se détendre, pour parler et c’est très important. Si on veut être bon dans ce que l’on fait, on doit être bien ensemble. »

 

Quand je lui demande de me livrer un dernier mot, on rit sur le choix d’une photo qui plaira à sa mère, mais il finit par conclure : « J’ai beaucoup de chance d’avoir la possibilité de vivre cette humanité. »

 

Témoignage recueillis par : Lea Main-Klingst 

Traduction : Laura Garel

Photos : Narciso Contreras

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