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JOURNAL DE BORD

Chaque jour, un membre de SOS MEDITERRANEE vous donne sa vision des opérations de sauvetage en mer et des événements. Retrouvez ces chroniques en son, images et vidéos.

le 21/04/2021

[TÉMOIGNAGE] Abdoul-Rachid, rescapé secouru par l'Aquarius

« On était perdu, et on a dérivé pendant des heures. » 

Abdoul-Rachid*, originaire du Sénégal

 

Dans le cadre de notre mission de témoignage, nous publions aujourd’hui une seconde lecture de Paroles de rescapé.e.s, un travail réalisé par trois bénévoles marseillaises, tiré de l’ouvrage « Les Naufragés de l’enfer », de Marie Rajablat, infirmière embarquée à bord de l’Aquarius. Leur objectif : faire entendre la parole de jeunes rescapé.e.s à d’autres jeunes, dans le cadre de la sensibilisation scolaire. 

 

Témoignage recueilli le 15.11.2016 à bord de l'Aquarius

 

« Personne ne dormait, de peur de tomber à l’eau. »  

Dans une volonté de sensibiliser les plus jeunes aux enjeux des migrations en mer, des bénévoles de l’association ont tiré de courts extraits de leur performance artistique « Il y a des montagnes dans la mer », (à écouter dans son intégralité ici) pour en faire des capsules pédagogiques à utiliser en ligne ou  en présentiel. Ce témoignage, lu par Karine et mis en image par Brigitte, raconte l’histoire d’Abdoul-Rachid*, jeune homme de 18 ans, originaire du Sénégal.  

Tout comme les 120 autres personnes présentes à bord de l’embarcation, Abdoul-Rachid tentait de fuir la Libye par la mer. Il raconte les difficultés de la traversée: « […] ils nous avaient dit qu’on serait en Italie d’ici deux, trois heures. Vers une heure du matin on n’avait plus d’essence et de réseau téléphonique, on était perdu […].» Il explique que « pour ne pas sombrer, il fallait être en bonne entente entre nous. » Pourtant, tout le monde était effrayé « […] en fait, on croyait qu’on allait mourir. » Après plusieurs heures passées à la dérive, le jeune homme ainsi que les autres naufragé.e.s ont pu être secouru.e.s par les équipes de SOS MEDITERRANEE.  

 

« La chaleur de ma famille me manquait. » 

Malgré la situation actuelle, la diffusion de ces récits auprès des jeunes générations continue d’être capitale. Elle permet notamment de rendre une certaine humanité aux rescapé.e.s, bien trop souvent réduit.e.s au terme de « migrant.e.s ». 

Ce travail de sensibilisation est aujourd’hui exclusivement porté par l’important réseau de bénévoles qui compose l’association. Entre interventions dans les établissements scolaires et visioconférences, les bénévoles comme Martine et Christine ne manquent pas d’originalité pour sensibiliser les jeunes, de la primaire aux bancs de l’Université: cartes interactives, photos, jeux … elles sont incollables aux questions posées par les élèves.  

Si certain.e.s bénévoles se vouent exclusivement à la sensibilisation dans les milieux scolaires, les quelques 550 personnes mobilisées dans les 18 antennes de SOS MEDITERRANEE en France accueillent avec enthousiasme, toutes les compétences et idées: organisation d’événements, communication, vidéo, graphisme, informatique, stands, ou relai des messages de l’association - Il y a de nombreuses façons de se mobiliser. 

Pour rejoindre les équipes bénévoles de SOS MEDITERRANEE ou pour demander une séance de sensibilisation dans votre établissement, consultez la carte des antennes bénévoles en France, en Italie, en Suisse et en Allemagne et contactez-nous ! 

 

*Afin de préserver son identité, le nom et la photo de à la personne qui livre son témoignage ont été modifiés

 

Crédits 
Montage : Brigitte, bénévole
Voix : Karine, bénévole
Son : Radio Bam

 


Transcription complète de la lecture du témoignage d'Abdoul-Rachid

« Ils nous ont lancés en mer vers 23 heures, en nous disant que nous serions en Italie d’ici deux trois heures. Vers 1 heure du matin, on n’avait plus d’essence et plus de réseau téléphonique. On était perdus et on a dérivé pendant des heures. On était 120 dans le bateau et pour ne pas sombrer il fallait être en bonne entente entre nous... On n’avait que Dieu pour nous aider. Personne ne dormait de peur de tomber à l’eau… En fait, on croyait qu’on allait mourir… Y a eu plein de moments où j’ai regretté d’être parti de chez moi. La chaleur de ma famille me manquait beaucoup...Mais il fallait écarter ces pensées... Je suis convaincu que la force est au fin fond de tout être humain. C’est quelque chose comme ça qui lui fait tenir le coup. S’il ne l’a pas, il meurt ... »

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