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Ocean Viking
JOURNAL DE BORD

Chaque jour, un membre de SOS MEDITERRANEE vous donne sa vision des opérations de sauvetage en mer et des événements. Retrouvez ces chroniques en son, images et vidéos.

le 06/08/2020

L'Ocean Viking bloqué : un nouveau déni d'humanité

Depuis plus de deux semaines, l’Ocean Viking est détenu par les autorités italiennes. Bloqué à quai au port de Porto Empedocle en Sicile, notre navire-ambulance est empêché de mener sa mission vitale de sauvetage en mer. En parallèle, les tragédies se succèdent en Méditerranée, mais aussi en Libye, où trois adolescents ont été tués par balles la semaine dernière au point de débarquement d’Al-Khoms, après avoir été interceptés en mer par les garde-côtes libyens.


« On nous reproche de faire du sauvetage en mer » 

Mercredi 22 juillet, après une inspection de 11 heures menée par les garde-côtes italiens dans le port de Porto Empedocle en Sicile, l'Ocean Viking a été mis en détention par les autorités italiennes. Quatrième contrôle en un an, alors qu’un navire européen de ce type est inspecté en général une seule fois par an, ces méthodes sont celles d’un réel harcèlement administratif.

Le principal motif de détention notifié par les garde-côtes italiens s’énonce comme suit : « le navire a transporté plus de personnes que le nombre autorisé par le certificat de sécurité pour navire de charge ». Un motif on ne peut plus cynique : lorsque l’Ocean Viking se retrouve dans la situation de devoir transporter plus de personnes que le nombre spécifié dans les documents de sécurité du navire, c’est parce qu’il a secouru des personnes qui étaient en danger de mort. En aucun cas ces rescapés ne peuvent être considérés comme des passagers. En vertu du droit maritime, ce sont des naufragés. C’est ce que rappelle Alessandro, marin-sauveteur et président de SOS MEDITERRANEE en Italie, qui était lui-même à bord de l’Ocean Viking au cours de sa dernière mission durant laquelle 181 personnes ont été secourues (vidéo ci-dessus).
 

Libérer l’Ocean Viking, une urgence vitale

Moins de 24 heures après l’annonce du blocage de l’Ocean Viking, SOS MEDITERRANEE a lancé une pétition demandant aux autorités italiennes de relâcher son navire. Plus de 95 000 personnes l’ont déjà signée, preuve que face au cynisme des Etats européens, les citoyennes et les citoyens refusent de renoncer à l’humanité et à la solidarité. Car il y a urgence !

Actuellement, il n'y a aucun navire humanitaire sur zone alors que les départs depuis les côtes libyennes continuent. Plusieurs embarcations en détresse sont interceptées par les garde-côtes libyens pour être renvoyées en Libye. Depuis le début de l’année, ce sont plus de 6 200 femmes, hommes et enfants qui ont connu ce sort, selon le Haut-Commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR) et le centre des migrations du Conseil danois des réfugiés[1]. Une situation intolérable et contraire au droit maritime international, qui stipule clairement que des rescapés doivent être débarqués en lieu sûr. Or, la Libye, pays où règnent la guerre, la traite humaine et le chaos, ne peut pas être considérée comme un lieu sûr. Dernière preuve tragique en date, trois adolescents ont été tués par balles par les autorités libyennes après leur interception en mer, dans la nuit du lundi 27 juillet au mardi 28, lors de leur débarquement sur la côte[2]. Eux aussi avaient été interceptés par les garde-côtes libyens alors qu’ils tentaient de fuir par la mer.


Derrière le blocage de l’Ocean Viking se cache une manœuvre politique cynique : elle vise à stopper les activités de sauvetage des ONG, qui comblent pourtant le vide laissé par les Etats européens.  Sans bateaux humanitaires pour secourir les naufragés, le nombre de morts aux portes de l’Europe augmentera encore cet été.  

L’Ocean Viking doit être libéré : #FreeOceanViking

 

[1] Rapport « Personne ne se soucie de ta vie ou de ta mort en route », publié par le Haut-commisariat pour les réfugiés et le centre de recherche sur les migrations mixtes (MMC) du Conseil danois pour les réfugiés

[2] « Trois migrants soudanais tués par balles sur la côte libyenne », Le Monde avec AFP, 28 juillet 2020

 

 

 
 
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