menu Sauver des vies

SOS MEDITERANNÉ

Sauver des vies
Maintenant

Ocean Viking
JOURNAL DE BORD

Chaque jour, un membre de SOS MEDITERRANEE vous donne sa vision des opérations de sauvetage en mer et des événements. Retrouvez ces chroniques en son, images et vidéos.

le 18/07/2021

[ON NOUS SOUTIENT] Dub inc. - « Nous sommes juste un grain de sable mais il ne faut pas dénigrer le pouvoir de ce grain de sable. »

Zigo, le batteur de Dub inc., croit à la force du collectif. Depuis 2019, le groupe de reggae stéphanois a reversé 40 000 € à SOS MEDITERRANEE grâce à un concert bénéfice à Dijon et surtout, à un titre qui a dépassé les 7 millions de vues sur Youtube. Le clip « À travers les vagues » a ainsi, à lui seul, généré 29 500 € de recettes reversées à l'association depuis sa sortie en février 2019. « Mais on aimerait tellement pouvoir faire plus ! »

Pour enregistrer cette chanson qui raconte la terrible traversée de la Méditerranée, Dub inc. a embarqué une dizaine d’artistes et de groupes qui ont spontanément adhéré à la cause : Taïro, Naâman, Jahneration, Balik, BroussaÏ, Mellow Mood, Skarra Mucci, Awadi, Raphaël et Solo Banton. « On voulait rassembler large et on savait que tous les artistes à qui on a demandé de participer accepteraient tout de suite. C’était l’occasion de mobiliser encore plus d’oreilles pour SOS MEDITERRANEE ! »



L’exil en héritage

« Si c’était moi, si c’était toi, on ferait pareil bien sûr qu’on crierait à l’aide » dit la chanson. Cette propension à se mettre à la place de « l’autre » et la prédilection du groupe pour des thèmes sociaux, souvent liés à l’exil, ne sont sans doute pas étrangères à ses origines. « Saint-Etienne est une ville industrielle qui a connu pas mal de vagues d’immigration et la plupart des membres de Dub inc. est issu d’une famille qui s'est exilée. (…) A travers nos parents et nos grands-parents, dont certains sont morts à 50 ans dans les mines de cette ville, nous avons aussi vécu ce déracinement. Je ne connais qu’une petite partie des souffrances qu’ils ont traversées. Mais elles m’habitent. 

Alors aujourd’hui, quand je vois des personnes perdues en mer se noyer sans que personne ne bouge, ça me met en rage. Ça aurait pu arriver à mes arrière-grands-parents lorsqu’ils ont quitté la Grèce ! Or les États européens ne veulent pas prendre leurs responsabilités et aller les secourir. On ne peut pas laisser des gens mourir en mer ! C’est révoltant ! »


Au-delà de la honte, l’engagement

Comme tous les membres de Dub inc., Zigo ne peut supporter le silence qui règne autour des naufrages de milliers de personnes en Méditerranée et la criminalisation des ONG qui vont à leur secours. Il y remédie avec les armes qui sont les siennes.  

« Quand on voit ces bateaux de sauvetage remplis de femmes, d’enfants, d’hommes, qui errent pendant des semaines avant de pouvoir débarquer, ça nous rend malades ! Et en plus, il y en a pour essayer de faire croire que le travail des ONG est illégal! Mais c'est de ne pas secourir les gens en mer qui est illégal! C’est une honte ! SOS MEDITERRANEE nous redonne un peu de dignité en tant qu'Européens.

Nous on veut que tout le monde sache ce qui se passe : on communique autant qu’on peut sur SOS MEDITERRANEE et sur la situation en mer ! On ne peut pas laisser les personnes exilées se débrouiller toutes seules. Il faut agir avec celles et ceux qui se mobilisent pour les sauver.

Dans l’une de ses chansons [Trench Town] Bob Marley dit ‘’We free the people with music’’.  Nous libérons les gens par la musique. C’est très naïf de dire ça, une chanson ne va pas tout changer, mais il faut y croire. Nous sommes juste un grain de sable mais il ne faut pas dénigrer le pouvoir de ce grain de sable : si tout le monde fait un petit peu, ensemble on peut faire de très grandes choses !  Avec notre musique, avec notre engagement pour SOS MEDITERRANEE, on veut libérer l’envie de faire ce petit quelque chose, libérer la parole, libérer l’esprit. Le reggae véhicule ce genre de message : briser les chaines, aider son prochain… Si c’est naïf, si c’est rester un enfant que d’y croire, que de cultiver l’ouverture à l’autre, alors restons des enfants et remettons-nous à partager ! »

 

Crédits photo : @Toine

Retour au journal de bord